Emmanuelle l’antivierge (1975)

Synopsis : « Séparée depuis deux ans de son mari, Emmanuelle embarque à bord du «Chung Shan » pour le rejoindre à Hong Kong. Une surprise désagréable l’attend à bord. Une erreur de l’agence de voyage l’oblige à faire la traversée en dortoir où bien étendu, après avoir repoussé les avances d’un officier, elle se laissera séduire par Ingrid, sa voisine, une jeune allemande qui vit aux Philippines. A Hong Kong, Jean vit dans une superbe maison de style colonial. Le couple se retrouve avec joie, on sent qu’une complicité de tous les instants les units. En redécouvrant la maison, Emmanuelle rencontre un jeune aventurier, Christopher, hébergé par Jean depuis quelques jours. Le couple comme à son habitude, se raconte ses diverses aventures sexuelles. Le lendemain au cours d’un shopping, Emmanuelle apprend à mieux connaître Christopher il est très attiré par les femmes asiatiques et son lieu de prédilection est lieu le plus mal famé de la ville : « Le jardin de Jade ». Au cours d’une réception donnée par une amie de son mari, Emmanuelle se prend au jeu de l’amour développé par Anna-Maria, la fille du maître de maison, mais très vite c’est elle qui mènera le jeu. A.Maria vient vivre chez Jean et Emmanuelle après une dispute avec ses parents. Son intimité avec le couple devient de plus en plus grande et active. Christopher, idéaliste, est trop écoeuré : il par de Hong Kong. Quelques temps après, au cours d’un voyage à Bali, les trois amoureux choisiront ensemble un jeune américain pour Anna-Maria, qui part alors pour son destin. » (Magazine Erostory Film n°5)

Titre original : Emmanuelle l’antivierge – Réalisation : Francis Giacobetti – Scénario : Bob Elia et Francis Giacobetti – Photographie : Robert Fraisse – Montage : Marie-Sophie Dubus – Distribution des rôles : Claude Muller – Décors : François de Lamothe – Décors de plateau : Jacques Brizzio – Costumes : Corinne Jorry – Musique : Francis Lai – Production : Yves Rousset-Rouard et Alain Siritzky – Sociétés de production : Trinacra Films, Orphée Arts, Parafrance Films – Format : Couleur, 35mm / 2,35:1 – Son : Mono – Pays :  France – Langue : français – Genre : Érotique, Drame – Durée : 83 minutes…

Distribution : Sylvia Kristel, Umberto Orsini, Frédéric Lagache, Catherine Rivet, Henri Czarniak, Tom Clark, Florence Lafuma, Venantino Venantini…

Dates d’exploitation : USA (15 Décembre 1975),  Japon (20 Décembre 1975), Portugal (1976), U.K (15 Janvier 1976), Pays-bas (04 Mars 1976), Allemagne (02 Avril 1976), Suède (20 Avril 1976), Danemark (23 Avril 1976), Finlande (14 Mai 1976), Belgique (20 Mai 1976), Italie (1977), Espagne (05 Janvier 1978), France (25 Janvier 1978), Mexique (07 Décembre 1978), Turquie (Janvier 1980)…

Titres alternatifs : Emanuela 2.Teil: Garten der Liebe (Allemagne), Emmanuelle: A Antivirgem (Brésil), Emmanuelle 2: La antivirgen (Espagne), Emmanuelle 2 (France), Emmanuelle l’antivergine (Italie), Emmanuelle Joys of a Woman (USA)…

Notre avis : Inutile de tourner autour du pot, on sait tous que le tournage d’Emmanuelle 2 fut un calvaire pour son réalisateur. Sylvia Kristel évoqua brièvement l’affaire dans son autobiographie, expliquant que Giacobetti quittait parfois le plateau en larmes tant la frustration, la pression étaient insupportables ; aussi en raison d’un scénario branle-couilles écrit au jour le jour et d’investisseurs japonais au taquet, exigeant de la production (en échange d’une montagne de fric, il est vrai) de pouvoir capitaliser au plus vite sur le carton historique que fut le premier volet en France, au Japon, et partout ailleurs dans le monde. Aujourd’hui encore Giacobetti semble convaincu que son film est une merde, jurant à l’époque qu’on ne l’y reprendrai plus. Pour notre part nous nous foutons pas mal de l’avis de Giacobetti et nous estimons que d’un strict point de vue graphique cette suite frise la perfection, enterrant en douceur son illustre n°1, esthétiquement un brin chichiteux, parfois agaçant. A ce titre, il convient de signaler que le film bénéficie du talent hors-norme du chef opérateur Robert Fraisse, futur nominé aux Oscars pour son travail sur « L’Amant » (1992) de Jean-Jacques Annaud et collaborateur régulier de Just Jaeckin depuis l’Emmanuelle premier du nom. Pour faire court, Fraisse c’est tout un pan du « blockbuster » érotique made in France de 1974 à 1980, soit les grandes heures de la bagatelle Cocorico, et c’est pas rien je vous prie de croire. Doit-on pour autant ne considérer L’Antivierge que sous l’angle de l’association d’un photographe « de charme » au talent monstre, obsédé par les mises en scène au cordeau (Giacobetti), et d’un directeur photo / chef opérateur dont le nom est à lui seul synonyme de french touch dans le domaine porno chic (Fraisse) ? Certainement pas, mais de cette collaboration résulte indubitablement un film de « pros de l’image », à la classe intersidérale, certes, mais dont c’est peut-être le seul intérêt in fine. Car si certaines des séquences qui composent cet Emmanuelle 2 sont tout à fait stupéfiantes lorsque l’on connaît un tant soit peu le travail du Giaco’ avant ce one shot cinématographique, les rustres d’entre vous pourraient bien trouver le temps long et en arriver à se demander où tout ceci veut en venir. Ce qui en soit est très con, puisque la réponse est bien évidemment Sylvia Kristel. D’ailleurs Giacobetti ne disait rien d’autre : « Personne n’avait rien à foutre du film. Il était déjà vendu dans le monde entier. Si j’avais filmé un cul pendant 90mns, ça aurait été pareil ». Force est de constater que quarante ans plus tard, le cul de Sylvia Kristel n’a pas pris une ride.

Il en parlent :

Yves Rousset-Rouard : « Pour Emmanuelle 2, rien à voir avec le premier, tout le monde le voulait. Comme j’avais eu l’impression d’être floué par mon vendeur à l’étranger, notamment avec la vente forfaitaire au Japon, je m’en suis occupé moi-même. Compte tenu de l’expérience avec Just et comme je savais que l’on ne pourrait pas battre les records du premier, je décide de prendre quelqu’un qui avait envie de relever le défi. Me souvenant de la superbe affiche du premier, Je pense à Francis Giacobetti. Il était fou de joie mais il s’est révélé qu’il n’était pas fait pour le cinéma. Erreur de casting ! J’ai dépensé une fortune dans le scénario (…) C’était l’enfer, c’était reparti comme sur le premier. Jour après jour, le scénario fut écrit la veille pour le lendemain ! » (Extrait de « Plein feux sur … Emmanuelle » par Marc Godin)

Francis Giacobetti : « Personne n’avait rien à foutre du film. Il était déjà vendu dans le monde entier. Si j’avais filmé un cul pendant 90 minutes, cela aurait été pareil (…) On a essayé d’écrire un scénario et ça a merdé dans tous les sens, en grande partie à cause de moi. En fin de compte, j’ai fait un film pour ces producteurs japonais qui avaient mis un million de dollars sur la table. » (Extrait de « Plein feux sur … Emmanuelle » par Marc Godin)

« Une première escarmouche avait fait modifier à la demande du secrétariat d’Etat à la culture, Emmanuelle ou l’Antivierge (titre de l’ouvrage jugé provocant !) en Emmanuelle 2. Des affiches géantes avaient commencé à orner les Champs Elysées lorsque le journal officiel annonça que le film de Giacobetti était « ixé » alors que la Commission s’était prononcée sur un simple « moins de 18 ans ». Tollé général : ce numéro 2 n’est pas plus pornographique que le premier ! Explication piteuse du responsable de la Culture : « Il y a « intention » pornographique ! » La suite est carrément cocasse : le producteur Yves Rousset-Rouard, giscardien bon teint, accepte de ne pas le sortir aux « Champs » et de différer l’exploitation province. Et le film obtient son visa le 24 décembre (’75). 150 copies sont tirées pour le 14 janvier (’76). Rebondissement inattendu : le 5, l’Elysée réclame le film. Le 6, la commission le visionne à nouveau et confirme le « moins de 18 ans » par 12 voix contre 7. Coup de théâtre (ou « coup d’Etat » ?), Michel Guy décide quand même d’un « ixage ». Protestations indignées du Comité de défense des libertés, exceptionnellement rejoint par le BLIC* (« Le libéralisme ne se mesure pas ! ») mais Rousset-Rouard lui-même siffle la fin de la récréation en abandonnant le projet. Emmanuelle 2 sortira deux ans plus tard. » (J.Zimmer – Histoires du cinéma X) * Bureau de Liaison des Industries Cinématographiques

Yves Rousset-Rouard : « J’ai la rage, surtout de la part de gens qui partagent mes idées politiques. Je suis écoeuré et je fais un acte de résistance : je décide de ne pas sortir le film. J’organise une conférence de presse où je dis que je n’ai PAS fait un film pornographique, j’intente un procès à l’Etat et je prends maître Kiejman comme avocat. Sauf qu’il y avait déjà un énorme affichage dans toute la France (…) Et donc 1,5 million part à la poubelle. Mais mon honneur était en cause. » (Plein feux sur … Emmanuelle – Marc Godin)

Francis Giacobetti : « C’est moi qui ai trouvé Laura. J’avais fait des photos avec elle au Kenya, un grand souvenir. Elle était magnifique. C’était un amour, elle était ravissante, gentille. » (Plein feux sur … Emmanuelle – Marc Godin)

Liens externes : IMDB, Bis Art Cinéma (Fr.), Sylvia Kristel Archives (USA), francisgiacobetti.com

 

Affiches :

Lobby cards :

(USA – Type A)

(France)

(Allemagne)

(U.K)

(Italie, Espagne, France)

Synopsis & catalogues :

Coupures de presse :

Magazines :

Pavés de presse :

VHS, Betamax & Laserdisc :

Photos :

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